Le projet consiste en la transformation d’une ancienne gare de marchandises désaffectée en dojo municipal, donnant une nouvelle vocation sportive à un bâtiment représentatif du patrimoine ferroviaire local.
Le parti architectural a consisté à conserver cette ancienne enveloppe industrielle comme un écrin capable d’accueillir un équipement sportif contemporain, tout en préservant l’identité et la mémoire ferroviaire du bâtiment.
Les différences de niveaux héritées des anciens quais de transbordement ont été exploitées plutôt que supprimées. Elles permettent notamment le passage des réseaux électriques et des réseaux humides nécessaires au fonctionnement du nouveau dojo. La conception du sol sportif a fait l’objet d’une attention particulière. Les tatamis en mousse enduite reposent sur un plancher bois ventilé, lui-même désolidarisé de la dalle béton par des plots en caoutchouc de type Diabolo.
Ce complexe de sol permet d’obtenir les qualités d’amortissement nécessaires à la pratique du judo tout en intégrant les contraintes techniques propres à la transformation d’un ancien bâtiment industriel en équipement sportif.
Le projet a été développé en concertation étroite avec le club de judo et ses dirigeants. Au-delà des seules contraintes fonctionnelles, la conception cherche à traduire les principes et les valeurs du judo à travers un véritable parcours initiatique depuis l’entrée du bâtiment jusqu’aux aires de pratique. Les anciens bureaux de la gare de marchandises ont été restructurés pour accueillir les fonctions annexes du dojo : vestiaires, sanitaires et salle de musculation.
L’ancienne zone de circulation des wagons à l’intérieur de la halle a été reconvertie en gradins en bois. Directement intégrés à l’architecture existante, ils offrent un espace particulièrement adapté à l’accueil du public lors des entraînements, manifestations et compétitions de judo.
La rénovation complète de la toiture a également permis d’engager une démarche énergétique ambitieuse. Plus de 400 m² de panneaux photovoltaïques ont été installés, constituant alors la première grande surface photovoltaïque réalisée sur un bâtiment de commune de Le Coteau.
À l’extérieur, les façades ont été volontairement conservées dans l’esprit de l’ancienne gare de marchandises. L’intervention maintient ainsi la lecture du patrimoine ferroviaire et conserve, le long des voies toujours en exploitation, la mémoire de la fonction originelle du bâtiment. Devant les anciens quais routiers, un jardin couvert accompagne désormais les façades. Alimenté par un système de récupération des eaux pluviales, cet espace végétalisé constitue une transition entre l’ancien bâtiment industriel et son nouvel usage sportif. Les baies fixes équipées de vitrages Antélio à effet miroir mettent ce jardin à distance des espaces intérieurs et orientent les regards vers cette nouvelle façade paysagère.
Notre mission a débuté par un audit des futurs utilisateurs et une analyse précise des besoins liés à la pratique du judo. Les dimensions réglementaires des aires sportives ont été confrontées à la structure porteuse existante afin de limiter les interventions tout en garantissant le bon fonctionnement du dojo.
La conception a également intégré les contraintes propres à un équipement sportif municipal : sécurité des pratiquants et du public, gestion quotidienne du bâtiment, facilité d’entretien et maintenance des installations.
Les espaces, équipements et mobiliers ont été étudiés en 2D et en 3D. Le relevé complet du bâtiment existant a permis de développer le projet sous forme de maquette numérique et de coordonner les interventions architecturales et techniques. Notre agence a assuré l’étude économique ainsi qu’une maîtrise d’œuvre complète jusqu’à la réception des travaux.
Cette transformation d’une ancienne gare de marchandises en dojo illustre notre expertise dans la réhabilitation et la reconversion de bâtiments existants : patrimoine industriel et ferroviaire, équipements sportifs et dojo, ERP, conception d’aires sportives réglementaires, réemploi des volumes existants, photovoltaïque, gestion des eaux pluviales et maîtrise d’œuvre d’équipements publics.